Samuel a aujourd'hui 21 ans, polyhandicapé : trisomie 21 et I.M.C, complètement dépendant.
J'ai 65 ans, je suis veuve depuis 7 ans. J'ai deux grandes filles de 30 et 32 ans et je suis grand-mère depuis 18 mois. Après le «choc» de la double annonce de l'handicap : d'abord la trisomie (nous avions refusé l'amniocentèse) puis 9 mois plus tard l'handicap moteur (néo-natal équipement déficient de la clinique, accoucheur injoignable.) Nous étions « du métier ». (éducatrice spécialisée et conseiller conjugal). On nous a fortement indiqué à la naissance «un placement» le plus rapidement possible. Nous avons « gardé » Samuel à la maison et lui avons prodigué une éducation sensori-motrice active jusqu'à l'âge de 8 ans. Puis nous avons entretenu «les acquis». Actuellement il est «encadré» par deux auxiliaires de vie à mi-temps soit 6 H 30 par jour à domicile. Samuel a toujours été un « rayon de soleil » pour notre famille et un « témoignage » auprès des familles auprès desquelles nous travaillions. Il a même été la « pierre d'angle » de nos engagements sur le plan éducatif et social. Sa présence a resserré nos liens conjugaux et parentaux et nous a rendus plus « forts » dans bien des situations difficiles. et «solidaires» des autres. Aucun de nous dans la famille n'aurait été ce qu'il est sans la présence de Samuel. De quoi demain sera fait ? Il me reste quelques années que je me suis fixées pour trouver pour lui la «meilleure solution» pour son avenir. Je demeure confiante et je n'ai jamais regretté cette grossesse tardive mais désirée, c’est la vie !
"Je suis infirmière en service de maintien à domicile de personnes âgées et/ou handicapées.
En ce moment, tous les matins, mon premier patient est un homme de 50 ans, tétraplégique, qui est capable, durant les 3/4 heures que je passe avec lui, de me donner toute l'énergie nécessaire pour affronter ma journée de travail. En effet, cet "amoureux de la vie" sait donner tout ce qui lui reste malgré sa souffrance physique et psychique. Je repars toujours de chez lui "enrichie", prête à aller donner à mon tour, aux autres patients, cette flamme, cette énergie. "