« J'ai perdu mon papa (83 ans) voilà maintenant 18 mois, et il me manque terriblement. Je culpabilise de ne pas avoir pris un congé pour m'occuper de ses derniers instants. Je suis pudique de mes sentiments, et j’étais gêné quand il me prenait la main. Maintenant je peux le dire, je l'aime très fort. Merci de m'avoir permis de verser quelques larmes malgré que cela n'est pas dans notre culture familiale. »
Voici 5 ans que cela est arrivé et je ne parviens pas à oublier, tout le monde autour de moi a le sentiment que tout va bien mais au fond de moi je souffre énormément. Je ne sais ou n'ose pas en parler ou ne trouve pas les bonne personnes pour cela. Je pense souvent à la mort malgré que je suis une bonne vivante mais c'est un masque et le chagrin est profond peut être plus que les gens qui ne fond pas semblant. Vers qui aller ? j'ai un homme qui m'aime mais peut-il comprendre cette souffrance alors que ce n'est pas son enfant ? Je ne sais pas où j'en suis et vers qui aller. Je souffre beaucoup.
J’ai perdu un ami il y a quelques années. Quand j’ai appris qu’il s’était suicidé, je n’y ai pas cru. Comment était-ce possible qu’un homme aussi généreux, proche des uns et des autres, capables de faire des kilomètres pour aider des amis ait pu se sentir si démuni au point de se donner la mort ? J’ai ressenti une culpabilité … Pourtant je n’étais pas très proche mais simplement on s’appréciait. Avais-je été assez attentive… J’ai essayé de passer en revue nos derniers échanges … Rien ne transparaissait si ce n’est un dernier appel qui, à la réflexion, m’avait surprise. Pourquoi toutes ces questions, sur mon moral, sur ma vie alors que nous devions nous voir prochainement. J’ai eu besoin de savoir. Pas par voyeurisme mais juste en quelque sorte pour pouvoir penser à lui de manière ajustée et peu à peu apaiser ce sentiment violent que j’avais ressenti et qui m’avait mis dans un état de « tétanie » pendant les jours qui ont suivi son décès. J’ai compris qu’il avait eu des problèmes affectifs profonds que j’ignorais… qui l’avait conduit à tromper sa femme et à quitter le domicile familial. Visiblement il s’en voulait d’avoir abîmé sa famille, ses enfants. A un moment, il n’a plus vu l’issue. « S’il m’en avait parlé, je l’aurai aidé »… cette question elle m’a obsédé. J’ai dû faire un chemin pour accepter le mystère, accepter mon impuissance et le laisser aller… tout en gardant la mémoire de tout ce qu’il m’avait apporté de bon ; de positif, et ce surcroit d’humanité dont je vis encore.