J'ai fait un test de grossesse et il était positif. J'ai appelé mon copain, et la question ne s'est pas posée pour lui, alors pour moi non plus. J'ai peur d'en vouloir à mon copain de ne pas m'avoir laissé choisir moi-même. Pourtant je l’aime si fort. Je me dis que j'aurais dû réfléchir plus. Même si je suis encore jeune, je crois ma famille m’aurait aidée J’ai une peine qui monte chaque année, à la même époque, c’est la date à laquelle ce bébé aurait dû naître. Je me demande ce qu'il serait aujourd'hui, garçon ou fille ? J'ai le sentiment d’avoir volé sa vie.. Je me sens vide. Mais je me dis que c'est mieux pour lui : il y avait plus de raisons pour avorter. Malgré tout je regrette. Nous étions jeunes et sans aucun diplôme. Mais surtout, pas de vie heureuse à lui offrir. On ne fait pas naitre un enfant si on n’a pas les moyens de l’élever. C’est difficile de se de se dire qu’un bébé aurait pu exister. Personne ne comprend. Et je me sens vraiment toute seule avec ça. Et c'est vraiment dur à supporter.
Cela fait maintenant 15 ans que cela s’est passé. A l’époque j’avais une vie facile, beaucoup d’argent. Sorties, réception avec tout le gratin que compte le monde artistique. J’étais moi-même d’une famille de comédiens. J’aimais cette ambiance. J’étais mariée, j’avais des amants. Je plaisais aux hommes. Et puis un jour je suis tombée enceinte. Nous étions sur le point de nous séparer avec mon mari. Je me suis dit : ce n’est pas le moment. J’ai fait une IVG en me disant que j’avais encore le temps. En fait de temps, je n’ai jamais eu d’enfant. J’ai 55 ans, plus de mari, plus d’amant. Quelque fois, je pense à cet enfant qui aurait 15 ans aujourd’hui. Si je vous appelle aujourd’hui, c’est pour témoigner auprès d’autres femmes comme moi qui peuvent aujourd’hui penser comme je l’ai fait : ce n’est pas le moment. Surtout ne laissez pas passer la vie, car après on le regrette et ça fait si mal…
Je vis avec mon copain depuis deux ans. J’ai eu une IVG il y a maintenant 1 an et demi. Quand j’ai appris que j’étais enceinte, je me suis dit c’est un heureux accident. Mon ami l’a très mal pris et a voulu que j’avorte. Il avait 29 ans et moi 27 ans. Nous avions tous les deux un job. Il m’a dit qu’il n’était pas prêt. Mais « je serai près de toi ». Le lendemain, il est sorti avec des copines… en me laissant seule… Depuis, je déprime, je vais voir un psy mais je suis toujours triste. Je repense à mon père qui me disait qu’il était si heureux d’apprendre qu’il allait avoir un petit enfant… Voilà tout est gâché. Je n’en peux plus.
Je vous écris à propos de mon amie. Elle a avorté il y a deux mois. Cela faisait 8 mois qu’on était ensemble, elle habitait chez ses parents. On a bien parlé ensemble, ça arrivait un peu vite. Je lui ai demandé plusieurs fois, elle était d’accord. Cela a été dur car le cachet n’a pas marché. Une infirmière lui a dit qu’il fallait faire un deuxième IVG. Elle ne voulait plus mais le médecin a dit maintenant, il faut aller jusqu’au bout. Elle ne veut plus me voir. J’essaie de l’appeler mais elle ne dit rien. Je sais qu’elle a parlé de suicide et qu’elle fume du cannabis. J’ai peur pour elle. Je me sens coupable. Comment puis-je l’aider ?
Et voilà, la première naissance de petit enfant est annoncée dans la famille. Tout le monde se réjouit. Mais moi, j’ai du mal. Ma belle sœur jubile à l’idée d’être grand-mère. Ce bébé, il a été conçu il y a deux mois, juste l’âge de mon petit enfant à moi, qui n’existe plus.
A nouveau, j’ai mal au cœur, j’ai des nausées comme les semaines qui ont suivies l’annonce de l’IVG de ma fille. Quand elle m’en a parlé c’était déjà fait, trop tard.
Depuis, quand je lui demande comment elle va, elle répond : « c’est encore trop tôt pour en parler » C’est dur… le secret est lourd, lourd, terriblement lourd : pas le droit de pleurer, faire semblant d’être contente, se réjouir en famille…
J'ai pris trois ou quatre fois la pilule du lendemain. Des amies du lycée m'en avait parlé, je ne savais pas ce que c'était. Maintenant on en entend parler dans les médias... Est-ce un avortement ou pas ? Je ne sais pas si j'ai perdu un bébé ou pas ...
Mon bébé est parti il y a 2 ans. C’était un bébé désiré. Et puis à l’échographie on a découvert des problèmes. On m’a conseillé une amniocentèse. Choc : mon bébé était trisomique. Avec mon compagnon, on a décidé une IMG. Ca a été dur. Mais c’était mieux pour mon bébé qui aurait eu une vie difficile et puis aussi pour nous, on n’était pas bien sûr de pouvoir tenu le coup. Si je vous écris aujourd’hui, c’est que je me sens très mal. A mon cours de musique, il y a un jeune trisomique depuis quelques semaines. En le voyant, j’ai pensé à mon bébé. Lui il a une vraie joie de vivre et aussi une vraie vie. Je suis en train de réaliser que mon bébé n’aurait pas eu la vie que j’imaginais, que j’aurais été capable de l’élever. … Pourquoi personne ne m’a rien dit. Je n’arrête pas de pleurer. Je l’ai dit à mon ami… mais il dit que pour lui aussi, c’est dur. Mais c’est du passé. Il faut oublier. Moi, je ne peux pas.