CONSTRUIRE SON COUPLE

On a eu envie d’y croire

En lisant tous ces témoignages, j’ai envie de vous raconter mon histoire pour vous dire à tous que la sexualité, c’est pas ce qu’on nous raconte dans les journaux et qu’il faut du temps pour s’y sentir bien… Chez moi, rien de bien original à la base : j’ai eu quelques petits copains de passage, et seulement deux histoires longues, entre 16 et 18 ans, puis 20-23 ans. Des histoires sérieuses quand même : j’y croyais, quoi… Le mariage, les enfants… Sur le plan sexuel, c’était moyen. Mes copains m’aimaient, me respectaient, mais moi, sans le leur dire, je me sentais un peu déçue par la sexualité, je restais sur ma faim si vous voulez.…

Et puis, il y a eu Eric sur lequel j’ai flashé chez des amis : pas seulement pour sa belle gueule, mais pour son air doux et mélancolique. Ça fait 6 ans qu’on est ensemble, on s’est mariés il y a 4 ans… Avec lui, on a pris notre temps, même juste avant de sortir ensemble, de s’embrasser. On a beaucoup tchatché, pendant des heures… De sa mère, qu’il adore, de son père qui s’est barré quand il avait 8 ans, de son boulot et de ses potes, et de ma vie à moi, de ma famille, de ma meilleure amie, de la mort de ma grand-mère qui m’a tellement bouleversée, bref de lui, de moi…

On a eu envie d’y croire, de dire « pour la vie », d’imaginer notre vie ensemble, dans une maison rien qu’à nous, avec des enfants, Simba (notre chien), et pourquoi pas notre propre restaurant (il est cuisinier) ?

Et avec lui, c’est beaucoup mieux au niveau du sexe ! Ça a pris du temps, c’est vrai, le temps que j’efface (autant que c’est possible) le passé et les autres, que je sois sûre qu’il ait envie de faire sa vie avec moi, qu’on puisse parler simplement de nos désirs et de nos envies, ou de nos difficultés de ce côté-là. Alors, j’ai envie de vous dire : oui, c’est chouette la sexualité, mais surtout quand on la vit dans une histoire qui a du sens et un avenir ! Ne perdez pas espoir si vous n’avez pas encore atteint le nirvana, il faut du temps et beaucoup beaucoup d’amour ! Corinne, 31 ans.

Ma vie a un sens

Ma femme était une pute comme on dit et, tombé amoureux, j'ai tout fait pour la sortir de ce milieu ; j'ai payé très cher son souteneur. Elle avait une petite fille de deux ans, Victoria, et bien que je ne connaisse pas le père j'ai toujours adoré cette petite. Maintenant elle a treize ans et je l'aime comme ma fille. J'ai 53 ans, ai fait beaucoup de prison , comme sa mère . Ma vie, si elle a un sens, c'est à elles que je le dois et sans elles je ne serai plus là . C’est le seul univers de tendresse pour moi dans ce monde de tarés.»