Merci pour tous ces témoignages. J’ai encore du mal à raconter mon histoire à moi, je me sens encore trop mal par rapport à ça, ce que je sais, c’est que j’ai fait et fait faire des choses à des femmes inspirées par ce que j’avais vu et que je voudrais effacer tout ce passé qui ne m’inspire que du dégoût. Le porno, c’est pas anodin, je vous l’assure
« Je suis marié et père de 2 enfants, j'ai 29 ans. J'ai moi-même subi dans mon adolescence les méfaits de la pornographie. Lorsque j'avais 13 ans, mon frère de 12 ans a invité un mercredi après-midi des copains de classe. L'un d'eux avait amené un enregistrement d'un film porno de Canal+. J'ai été fortement choqué par ces images, et à la fois attiré. Je me rappelle avoir eu comme un sentiment de dégoût envers ma propre mère en l'imaginant faire ces actes. J'ai été profondément attristé par cette vision de la femme et par la volonté de domination de l'homme. J'avais à l'époque une petite amie que j'ai quittée peu après.
Suite à cet événement, j'ai essayé la nuit de voir les films pornos de Canal+ alors que nous n'avions pas de décodeur : je peux affirmer que cryptage des images est insuffisant pour protéger les enfants de telles images. En effet, il stimule l'imagination et l'envie de voir les images "en clair". Lorsque je suis devenu adulte j'ai loué occasionnellement de tels films. J'ai remarqué des difficultés à avoir une relation avec une femme sans inclination à "l'instrumentalisation" de l'autre. Par la suite, je me suis converti au catholicisme et est décidé de ne plus regarder ce genre de film.
Malheureusement, dans des moments difficiles, j'ai vécu comme des retours de bâton avec un désir violent de revoir ce genre d'image. Ce désir n'est pas à proprement parler physique, mais c'est comme un phénomène de dépendance. Aujourd'hui, je considère être en convalescence de cette maladie mais je pense ne pas être arrivé à totalement effacer ce genre de dépendance. J'en profite d'ailleurs pour vous demander s'il existe des méthodes ou des structures aidant à résoudre ce problème. Je vous remercie pour votre travail : j'aimerais tant que mes enfants n'aient pas à subir ces violences... »
Epoux et père de famille, je reste profondément marqué par les images à caractère sensuel, érotique ou pornographique vues pendant mon enfance, à partir de l'âge de 11 ans. Accéder à ces images a toujours été très simple. Ces découvertes se sont essentiellement faites seul, en cachette, d'abord à travers des revues de la presse féminine que lisait ma mère. J'entrais alors dans des rêveries érotiques, qui se sont accentuées lorsque j'ai regardé sur la télévision de notre domicile, la nuit, toujours en cachette, des films à caractère érotique ou tout simplement en regardant un film comportant des scènes à caractère érotique sur les chaînes télévisées hertziennes. Il ne m'a jamais été nécessaire de recourir à l'achat. Pourtant, j'ai toujours été persuadé du caractère néfaste de ces images, tant pour moi que pour les personnes qui s'offraient ainsi au regard malsain d'autrui. Je sentais notamment que cela entraînait une ivresse, une dépendance et que cela réduisait l'homme à un objet de plaisir et de désir, toutes choses bien éloignées de la liberté et de l'épanouissement que je recherchais par ailleurs, bien éloignées aussi de cette volonté d'être au service des autres. Mais l'attirance pour de telles images a souvent été et est toujours difficile à vaincre. Internet se révèle ainsi pour moi un véritable défi quasi quotidien par ses sollicitations répétées, sur des sites censés être sérieux (medias, par exemple), à de rares exceptions près. En revanche, j'ai su, avec le temps, résister à la tentation de vivre des rêveries érotiques. Reste une maîtrise intérieure extrêmement difficile en présence de femmes trop séduisantes ou trop aguicheuses, notamment par leur accoutrement. Et un sentiment d'être très régulièrement sur la défensive face à des campagnes publicitaires jouant sur le thème d'une sensualité flirtant avec l'érotisme.
Mon père regardait des revues pornographiques devant sa femme et ses enfants. Acheter ses revues en notre présence, les regarder, ne semblait pas le gêner. Il ne réalisait sans doute pas combien ( ou bien plutôt il s’en fichait), l’enfant de 7 ans et plus que j’étais, était terriblement choqué et dégoûté . Toute mon enfance j’ai eu envie de lui hurler qu’il me dégoûtait, qu’il abîmait ma mère et qu’il m’abîmait en me mêlant à son vice et aux ambiances malsaines qu’il affectionnait. Enfant je n’ai jamais pu parler de cette souffrance et je me souviens même avoir mentie à une amie qui était tombée sur ces revues. Je disais qu’on les recevait gratuitement. Je pense que mes parents n’ont jamais réalisé combien ce regard qu’ils avaient sur la sexualité et les relations conjugales me coupait d’eux. Comment leur parler ? Comment les écouter ? Comment leur faire confiance, alors que je me sentais tellement agressée par eux et leur mode de vie conjugale très « libéré » ? Comment dire à 10 ans que nos parents nous choquent ? A qui dire cette souffrance sans avoir l’air de dénoncer ceux qui nous ont donné la vie et nous font vivre ? A 14 ans j’ai supplié mes parents de me mettre en pension. Je ne supportais plus leurs histoires. Jeune fille, personne ne comprenait vraiment pourquoi j’avais très peu de relations avec mes parents. Je me souviens que pour mes 19 ans mon père était venu m’apporter un four micro-onde dans ma chambre de bonne. Au moment de me dire au revoir il m’annonce qu’il a rendez-vous avec une certaine untel ( qui avait déjà fichue en l’air nos vacances ) . J’avais envie de l’étrangler mais je n’ai rien dit. Une fois adulte j’ai été soulagée de rencontrer des personnes qui vivaient dans des ambiances totalement différentes. Je me sentais enfin normale mais j’ai mis des années à digérer la colère qui m’habitait. J’essaye de ne pas les juger mais leurs sales histoires nous ont gâchés notre enfance. Maintenant que j’ai un enfant je ne le confie jamais à mes parents car je ne veux pas qu’il soit confronté aux situations qui m’ont tant heurtée
Mon fils Arthur âgé de 11 ans est allé jouer chez un ami. La mère de ce garçon m’a dit que tout s’était bien passé, qu’elle ne les avait pas vus de l’après-midi car ils étaient allés jouer chez un voisin. Le soir au moment du bain, Arthur assez perturbé m’a dit qu’en fait, le voisin en question, aussi âgé de 11 ans, leur avait montré un site dégoûtant .Il avait tapé sur google pour ne pas que ses parents sachent qu’il était allé sur vidéo sex où là, il avait simplement à répondre « oui » à la question :avez vous plus de 18 ans . Manifestement ce garçon de 11 ans n’en était pas à son 1er coup d’essai. Arthur m’a dit qu’il n’avait pas regardé les images mais en fait il a été terriblement choqué par ce qu’il avait vu … malheureusement .Il était très inquiet , même un peu affolé de savoir si c’était comme cela que ça se passait entre grandes personnes , et puis il m’a décrit des images qui à moi même me donnaient la nausée : plusieurs hommes plusieurs femmes et il y avait même un serpent …je vous passe les détails qu’il m’a cependant longuement décrit , car il avait manifestement besoin de les sortir de sa tête . Il me demandait pourquoi ils faisaient des choses comme ça. J’ai essayé de le rassurer le mieux que je pouvais, je lui ai répété que ce n’était pas « ça » l’amour que ceux qui faisaient des choses comme cela étaient « détraqués » et faisaient cela pour de l’argent. Il ne voulait pas en parler à son père que j’ai pourtant mis vite au courant et qui lui a simplement redit que ce n’était pas des choses normales et qu’il avait eu raison de m’en avoir parlé.
J’ai évidemment appelé la mère de son ami qui lui, n’avait rien dit à ses parents. Les parents du petit voisin n’étaient pas au courant non plus. Arthur ne nous en aurait pas parlé personne n’aurait rien su. J’ai entendu dire par un des pères qu’il fallait que « jeunesse se passe » !!
Le lendemain matin de ce jour, Arthur avait une mine complètement défaite .Je lui ai demandé s’il avait bien dormi, il m’a répondu que non .Il n’avait vraiment pas l’air du tout dans son assiette .Je lui ai demandé si c’était en lien avec hier, il m’a dit que oui. Je sais que malheureusement ces sales images sont et resteront imprimées dans son esprit car quand j’étais enfant, une amie m’avait montré un roman photo porno et je m’en souviens 30 ans après, avec un profond malaise
Nous avions laissé, comme souvent, notre fille ainée âgée de 12 ans garder sa petite sœur pendant l'heure de la sieste, juste le temps de faire une conduite dans le quartier... Le soir même, lorsque mon mari alluma l'ordinateur, un problème mécanique l'incita à se pencher d'un peu plus près sur l'ordinateur et de là, sur l'historique des sites visités ces derniers temps. C'est donc par hasard, que nous nous sommes aperçu que notre "petite fille" avait vu des images pornographiques. Quel coup !
Depuis toujours, nous avions réussi à la "préserver" d'internet, en limitant les accès aux recherches scolaires, en général accompagnée d'un adulte. Un tête à tête avec mon mari l'incita à nous dire comment et pourquoi tout cela était arrivé, mais aussi et surtout quelles images lui restaient, quelles impressions elle avait ressenties. «juste pour aller voir un blog d'une fille de ma classe !,pour voir ce que c'est...tout le monde en a un..." Sur ce site de blog très populaire auprès des adolescents et financé par les publicités, un bandeau à objet pornographique l'a attiré ; par curiosité elle a cliqué dessus. "Ce que j'ai vu... c'était horrible, je n'aurais pas dû, je ne sais pas pourquoi j'y suis allée." Effectivement, les images en question étaient très explicites, choquantes, crues et laides, le tout à portée de clic d'un enfant. En quelques minutes notre petite fille a été touchée, blessée et a perdue une partie de sa pureté enfantine.