08/06/2007

Dépistage de la trisomie 21 : attention à la fuite en avant !

L’Alliance pour les Droits de la Vie demande à rencontrer Roselyne Bachelot

L’Alliance pour les Droits de la Vie salue la prise de conscience de la gravité de l’exception française en matière d’amniocentèse. En proposant systématiquement cet examen aux femmes de plus de 38 ans, le dispositif public de surveillance des grossesses s’est révélé à la fois anxiogène et dangereux. Beaucoup des femmes que nous accompagnons vivent désormais dans l’angoisse leur grossesse du fait de la traque systématique des anomalies fœtales. Les 80 000 amniocentèses annuelles provoquent environ 600 fausses couches (avortements involontaires) frappant majoritairement des fœtus en bonne santé, signe supplémentaire de l’absurdité d’un dispositif qui endeuille injustement autant de familles.

Pour autant l’Alliance pour les Droits de la Vie dénonce le projet aujourd’hui envisagée par la Haute Autorité de Santé de développer comme alternative le dépistage plus précoce de la trisomie 21. Faut-il rappeler comme l’a fait à juste titre le professeur Sicard, président du Comité consultatif national d’éthique, que la France est un des pays au monde qui flirte le plus avec l’eugénisme ? Le dispositif en place provoque l’exclusion quasi systématique des personnes frappées par cette anomalie génétique alors qu’elles ne demandent qu’à vivre, être accueillies et soutenues plutôt qu’exclues. Avec Didier Sicard, nous notons que la culture hexagonale, au contraire de celle d'autres pays, tend à considérer comme une erreur ou une faute de donner naissance à un enfant trisomique. De nombreuses femmes trompées par la pression sociale découvrent tardivement les talents des personnes trisomiques qu’elles rencontrent et regrettent d’avoir été conduites à un avortement qu’on a camouflé sous des prétextes « médicaux » inappropriés. Imaginer que davantage d’avortements plus précoces rendraient indolore notre eugénisme est illusoire. C’est pourquoi nous mettons en garde contre cette tentation de fuite en avant.

L’Alliance pour les Droits de la Vie demande donc aux pouvoirs publics et notamment à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de développer de nouvelles campagnes de prévention de l’interruption médicale de grossesse (IMG). Elles devront donner la parole aux personnes trisomiques et à leur entourage pour montrer que, malgré l’épreuve du handicap, elles ont un rôle social à jouer et le droit de prendre toute leur place dans une société capable de s’enrichir des différences.

C’est en ce sens que le docteur Xavier Mirabel, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie, père d’une jeune trisomique, demande à rencontrer le ministre de la Santé.

 

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