12/03/2007

«Une autre réponse que l’euthanasie en cas de situation de fin de vie difficile»

Du Palais de Justice de Périgueux où il s’est rendu pour assister à l’ouverture du procès de l’affaire de Saint-Astier, le docteur Xavier Mirabel, cancérologue, coordonnateur médical du site www.sosfindevie.org et président de l’Alliance pour les droits de la vie, a analysé la première journée d’audience en présence de la secrétaire générale de l’association, Caroline Roux, qui l’accompagnait.

« Il y a un décalage abyssal entre cette affaire, et ce que les promoteurs de l’euthanasie légale veulent en faire, en la transformant en procès de la loi. Ce que nous avons entendu ici, c’est qu’un médecin ayant visiblement un déficit de formation en matière de soins palliatifs, et en plein épuisement physique et moral avait dérapé, et fait administrer, dans une grande confusion, une piqure mortelle à une patiente en fin de vie qu’elle croyait à tort ne pas pouvoir soulager autrement. On voudrait faire de ce dérapage, qui aurait pu et du être évité, un cas exemplaire pour légaliser l’euthanasie. Je trouve cela choquant.

Je suis choqué d’apprendre que le parti socialiste a choisi le jour de ce procès pour se prononcer officiellement «pour l’euthanasie active». Plus que de faire le « procès politique » de la loi qui interdit l’euthanasie, il faudrait remettre en cause de telles conditions d’exercice de la médecine, le déficit de formation et d’accompagnement des soignants, la manque de vérité sur ce qu’il est possible et nécessaire de faire pour un personne en fin de vie.

Quand j’entends la description sordide que le médecin fait à la barre, évoquant à plusieurs reprise ce qu’elle affirme avoir évité à sa patiente en lui faisant administrer la mort, et que je vois les réactions émues des militants de l’ADMD présents, je suis triste de l’image donnée de la médecine. En réalité, une bonne pratique de la médecine permet d’éviter d’en arriver là.

Le risque est aujourd’hui de faire croire aux gens que l’alternative à l’euthanasie c’est de laisser les gens mourir sans s’occuper d’eux ! Heureusement ce n’est pas le cas. Il est urgent de promouvoir une autre réponse que l’euthanasie en cas de situation de fin de vie difficile.

Puisque ce procès a lieu, j’espère qu’il permettra de plaider pour de véritables moyens, en formation, en protocoles antidouleur, en accompagnement des soignants confrontés à des situations difficiles. C’est cela, la véritable alternative à ces situations tristes parce que mal gérées qui font scandale. »

Alliance pour les Droits de la Vie - 12 mars 2007

 

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