18/03/2008

Euthanasie : la souffrance de Chantal Sébire instrumentalisée

L’Alliance pour les Droits de la Vie prend acte de la décision logique du Tribunal de Grande Instance de Dijon de rejeter la demande de Chantal Sébire et de l’ADMD de lui administrer un suicide médicalement assisté.

La souffrance morale provoquée par la maladie dont souffre Madame Sébire inspire le respect et une certaine pudeur, même si elle fait preuve d’un grand courage et d’une indéniable vitalité. C’est pourquoi l’Alliance pour les Droits de la Vie, non seulement s’est montrée prudente dans la façon d’aborder cette situation présentée aux Français mais encore veut faire part aujourd'hui de son profond malaise devant l’exploitation médiatique et judiciaire qui en est faite par un mouvement pro-euthanasie.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité n’a-t-elle pas manipulé les Français en prétendant avoir trouvé une « faille juridique » permettant d’euthanasier Madame Sébire ? Créer et entretenir une émotion malsaine et un suspens judiciaire factice nous conduit aujourd’hui dans l’impasse.

L’Alliance pour les Droits de la Vie, à ce stade de l’orchestration de la douloureuse situation de Chantal Sébire, se trouve obligée de poser plusieurs questions :
1. Pourquoi les propositions médicales d’accompagnement et de soins palliatifs sont-elle, non seulement, refusées mais encore caricaturées comme s’il ne s’agissait que de plonger la patiente dans le coma, alors que les protocoles analgésiques les plus performants n’ont, semble-t-il, pas été envisagés sérieusement ?
2. Comment libérer aujourd'hui Chantal Sébire, mais aussi ses trois enfants, d’une instrumentalisation qui ne peut que l’enfermer dans l’intention suicidaire et l’en protéger ?

Pour spectaculaire qu’il soit, ce drame de la maladie et de la dépendance n’est pas si différent de ce que nous rencontrons au quotidien, au travers des services d’aide aux personnes en fin de vie que nous animons. Nous savons bien que le choix d’un cas emblématique vise à faire basculer notre système de santé dans le suicide médicalement assisté. Ce serait entrer dans la logique de l’exclusion des personnes gravement malades ou handicapées. Ce serait cautionner l’idée fausse qu’elles n’ont plus de places dans notre société. Ce serait laisser gagner la peur plutôt que la confiance qui se confirme chaque fois qu’on fait l’effort d’accompagner jusqu’au bout les personnes qui vont mourir, sans jamais prétendre qu’elles ont perdu leur dignité.

 

<< Retour