22/06/2007

Un bébé si je veux, comme je veux ?

L’avortement sélectif selon le sexe du fœtus risque de se développer en France avec les tests de dépistage ultra-précoce.

C’est sur Internet qu’on peut désormais se procurer un test pour savoir si l’on attend une fille ou un garçon, et cela dès la sixième semaine de grossesse. Une goutte de sang suffit. S’il ne s’agissait que de préparer son cœur, voire la couleur de la layette, il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter, sauf à s’interroger sur l’impatience d’une société qui n’en finit pas de s’emballer pour le «tout tout de suite». Oui, mais certains médecins tirent la sonnette d’alarme : ils voient croitre le désir de maitrise de la maternité et s’inquiètent du risque de voir se développer en France des avortements sélectifs sur le critère du sexe. Des experts se veulent rassurants : nul spectre d’un déséquilibre démographique entre les sexes, comparable à celui qu’on  observe en Asie, si une telle pratique se développait en France. Les filles ne devraient pas en être victimes plus que les garçons. Mais chacun sait que de nombreux parents, aussi effarant que cela puisse paraître, seront tentés par l’avortement afin de «réussir leur bébé» selon le slogan douteux d’une marque de layette. Dans le contexte européen de familles peu nombreuses, c’est une nouvelle norme familiale qui peut surgir par l’avortement précoce : le fameux «choix du roi» (un garçon et une fille). Le corps médical, court-circuité par la simplification technique, regrette que ce type de découverte se fasse sans lui. Son accompagnement permettrait-il d’expliquer «aux individus ce que représente un fœtus, un être humain en devenir» comme le suggère Le Figaro (20/06) ? Mais comment réintroduire l’idée du respect de la vie commençante lorsque la pleine humanité du fœtus est déniée et que l’avortement est un droit sans condition jusqu’à la 12ème semaine de grossesse ? En cas de suspiscion de handicap, ce droit est même étendu jusqu’à son terme et tellement mis en œuvre que la France est le pays au monde où la trisomie 21 est traquée avec le plus de virulence. L’amniocentèse provoquant des centaines de fausses-couches involontaires chaque année, la Haute Autorité de la Santé vient de préconiser qu’on cesse de suggérer cet examen à toutes les femmes de plus de 38 ans. Mais c’est pour viser, là aussi, un dépistage eugénique… ultra-précoce.

 

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