13/06/2008

Plan soins palliatifs : l’Alliance pour les Droits de la Vie intensifie sa campagne

Nous attendions avec impatience un véritable plan concret de développement des soins palliatifs et c’est en ce sens que nous nous félicitons de l’annonce du président. Il était essentiel et urgent qu’il tienne ses promesses. Il y avait un énorme décalage entre la priorité affichée pour les soins palliatifs et le déficit de moyens et d’informations, comme l’a souligné Marie de Hennezel.

Si nous restons vigilants et même dubitatifs, c’est qu’entre l’annonce et la mise en œuvre, nous avons des craintes réelles. Est-ce que les moyens prévus seront vraiment débloqués et utilisés dans le sens annoncé ? Nous savons que les contraintes budgétaires du système hospitalier peuvent freiner le redéploiement en faveur des soins palliatifs. Nous sommes satisfaits qu’un mode de financement soit prévu avec l’usage des franchises médicales, mais combien de temps cela prendra-t-il pour arriver jusqu’à l’objectif annoncé ? Il ne faudrait pas que cela se traduise uniquement par des lits, sans les professionnels, la formation et l’information indispensable.

Les soins palliatifs ne sont pas une solution de facilité ; ils sont exigeants, ils ne s’improvisent pas. Et, en même temps, ils doivent se développer comme « une culture » qui doit concerner tous les soignants. Or, et c’est la seconde raison de notre inquiétude, nous constatons que les promoteurs de l’euthanasie revendique eux aussi les soins palliatifs allant jusqu’à dire qu’ils doivent intégrer l’euthanasie. Nous voyons bien le risque d’une dénaturation de l’accompagnement de fin de vie dès lors que l’on entretiendrait une telle confusion.

Nous nous réjouissons de voir que le président de la République choisit ou plutôt, confirme, la direction de la France en faveur de l’accompagnement de la fin de vie  en respectant la vie des patients jusqu’à son terme. Mais il demeure un risque qu’à partir d’exceptions, l’euthanasie concurrence les soins palliatifs. Selon l’expression « la mauvaise monnaie chasse la bonne », il y a toujours la tentation pour des motifs économiques ou idéologiques de dériver vers des solutions expéditives en complète contradiction avec le véritable esprit des soins palliatifs.

C’est pourquoi nous demandons à la mission d’évaluation de la loi fin de vie de bien expliciter l’incompatibilité entre la culture des soins palliatifs et celle de l’euthanasie.

En ce qui concerne notre campagne, elle demeure pleinement d’actualité. Ce n’est pas le moment de baisser les bras. Il faudra une traduction législative à tous ces projets. Notre campagne insiste justement sur l’importance de  sortir des confusions qui risqueraient de dénaturer le plan annoncé : c’est le sens du slogan Non à l’acharnement thérapeutique, Non à l’euthanasie, Oui aux soins palliatifs. Nos rencontres avec les parlementaires nous confirment l’importance d’expliciter cette prise de position car les notions en jeu sont sensibles et trop souvent mal comprises. Le plan Sarkozy est pour nous un encouragement supplémentaire pour intensifier notre campagne de cartes aux parlementaires. 500 000 cartes circulent aujourd’hui.

 

 

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