L’Alliance pour les Droits de la Vie alerte sur le métier de sage-femme : alors que, face à l’opposition d’un grand nombre de sages-femmes, le projet de loi sur l’hôpital avait écarté l’idée de leur demander de prescrire et diffuser l’avortement médicamenteux, cette proposition vient de revenir au Sénat, par un amendement voté en catimini et à heure tardive, dans la nuit du 11 au 12 mai, sans débat préalable de la Commission des affaires sociales.
Pour l’Alliance pour les Droits de la Vie, la technique utilisée pour ce forcing est contestable sur le fond et la forme:
- sur le fond, les pouvoirs publics déplorent le fort taux d’IVG constaté en France : comment justifier qu’au lieu de s’interroger sur les causes de ce phénomène, on veuille augmenter le nombre de prescripteurs de cet acte qui n’a rien d’anodin ; d’autant qu’il est désormais admis que l’administration du RU 486 peut entrainer des séquelles psychologiques importantes pour les femmes.
- sur la forme, les promoteurs de cette évolution législative utilisent la technique bien connue de la porte entrouverte. On prévoit en effet une « expérimentation régionale » de la réforme proposée. C'est une façon de vaincre la résistance des sages-femmes qui veulent préserver la nature de leur profession.
Pour le docteur Xavier Mirabel, président de l'Alliance pour les Droits de la Vie : «détourner les sages-femmes de leur mission de préparation, d’accompagnement et de suivi des grossesses au moment où le nombre de professionnels est insuffisant pour couvrir les besoins liés à la démographie est absurde. Pourquoi se débarrasser sur une profession tournée vers l’accueil de la vie d’un sujet de société sur lequel nous sommes en difficulté ? En réalité, si elles ne se mobilisent pas à nouveau contre cette disposition, comme en février dernier, les sages-femmes seront bientôt contraintes de s’orienter vers la pratique de l’IVG et d’abandonner ce qui fait l’essence de leur profession.»
L’Alliance pour les Droits de la Vie demande au gouvernement et aux sénateurs de revenir sur cet amendement passé à la sauvette et rappelle qu’elle réclame un bilan approfondi de la pratique de l’IVG et de ses causes avant d’envisager toute nouvelle évolution législative.
· Rapport d’information sur l’application de la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception 22 octobre 2008.
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